LA LÉGENDE DE MUHAMMAD ALI : POÉSIE & RÉSILIENCE DE THE GREATEST
The Greatest n'aurait pas été aussi grand sans son esprit. Vif, beau parleur, trashtalker et résilient, voici le portrait du GOAT de la boxe anglaise.
Écrit par Hugo Dal Mas
Publié le 04 août 2026
Partager cet article
Table des matières
L'héritage de Muhammad Ali est grandiose. Il a bâti sa légende à la force de ses poings, mais The Greatest n'aurait pas été aussi grand sans un atout décisif : son esprit. Vif, beau parleur, trashtalker et résilient, voici le portrait d'un des plus grands sportifs de tous les temps.
Float like a butterfly, sting like a bee
Quand on parle d’Ali, on est obligé de mentionner un phrasé versatile et déstabilisant. Lui le trashtalk, ça le connaît, et s’il peut gagner le combat avant même de monter sur le ring, il le fera. Rentrer dans la tête de son adversaire est une obsession chez le combattant.
La première ceinture
Chaque apparition devant le public, conférence de presse, pesée, chaque occasion était bonne pour marquer des points avant le combat. Sa première grande guerre psychologique, c’est contre Sonny Liston qu’il la livre.
Fin 1963, celui qui est encore nommé Cassius Clay croise son prochain adversaire pour la ceinture des poids lourds dans un casino de Las Vegas. Il s’en va alors voir son rival et lui crie quelques mots doux. Liston est loin de trouver ce trashtalk à son goût et n’est pas le genre d’homme à privilégier la diplomatie ; il sort alors une arme à feu et tire à trois reprises des balles à blanc en direction de Clay, qui détale comme un lapin. Et cet épisode n’est qu’un chapitre du long travail d’usure mené par « The Louisville Lip » pour désarçonner le champion du monde en titre.
Au final, après deux combats (suspects) entre les deux hommes, c’est le nouvellement nommé Muhammad Ali qui repart triomphant en tant que nouvel « homme le plus fort du monde ». Sa carrière entière sera alors un enchaînement de victoires légendaires qu’il aura décrochées parfois même avant de combattre. De son héritage reste sa légende et sa guerre mentale avant chaque combat, devenant la norme à la place de la pure intimidation physique et de la peur que peut inspirer un combattant.
Le « Rope-a-dope »
Mais ce qui le rend aussi unique, ce n’est pas que sa prose déstabilisante, c’est aussi sa résilience. Quand il est dans les cordes face à George Foreman lors du légendaire Rumble in the Jungle, il a su accepter de prendre les coups jusqu’à saisir l’opportunité triomphante de terrasser son adversaire. La stratégie de faire le dos rond jusqu’à l’épuisement de son opposant, tout en lui parlant et en le provoquant, est diablement risquée contre un combattant de la trempe de « Big George ». Il faut tout de même attendre la 8e reprise pour qu’Ali ait raison du champion en titre. Cette victoire est l’une des plus belles de l’histoire du Noble Art, acquise lors d’un des plus grands combats de tous les temps.
Un symbole de la lutte antiségrégationniste
Mais Muhammad Ali ne rayonne pas dans l’histoire grâce à son seul héritage sportif. Lui, qui a grandi dans la Kentucky où la ségrégation était solidement implantée, est devenu une figure mondiale de la lutte contre le racisme et pour la liberté des populations noires discriminées à travers le monde. Son engagement civique remonte même avant sa conversion à l’Islam et son intégration dans la Nation of Islam, où il rencontre et côtoie Malcom X. Le célèbre activiste noir américain était d’ailleurs présent lors du deuxième combat entre the Greatest et Sonny Liston. Par la suite, Ali s’associe aussi avec Martin Luther-King pour lutter de concert contre la discrimination.
Après son enfance dans la ségrégation, il est encore victime du système raciste au pouvoir aux Etats-Unis des années 60. “Au retour des JO de Rome en 1960, même avec la médaille d’or autour du cou, on a refusé de me servir dans un fast-food”, raconte le champion. Après son premier titre de champion du monde des poids lourds, il poursuit sa provocation contre le système ségrégationniste. “Je suis le champion du monde des lourds, mais il y a des quartiers où je ne peux pas habiter”.
Le Vietnam
Sa plus grande action politique, celle qui lui a tant coûté, est sans nul doute son refus d’aller combattre dans la guerre du Vietnam. Ce conflit (1955-1975) a pris la vie de plusieurs millions de personnes, majoritairement des civils vietnamiens. « Ma conscience ne me laissera pas aller tuer mes frères ou des pauvres gens affamés dans la boue pour la grande et puissante Amérique » ou encore « Les tuer, pourquoi ? Ils ne m’ont jamais appelé nègre, ils ne m’ont jamais lynché, ils n’ont jamais lâché les chiens sur moi. (…) Comment pourrais-je tuer ces pauvres gens ? Mettez-moi en prison ! ». Le 28 avril 1967, le champion du monde des poids lourds rejette ainsi son incorporation à l’armée américaine.
Un retour difficile…
Conséquence directe de cet acte : une amende de 10 000 dollars et cinq ans de prison proclamés à son encontre par la justice américaine. Dans une logique de ne pas faire du boxeur un martyr, il échappe à la prison, mais perd sa licence de boxe et n’est pas loin de la banqueroute. Son appel est finalement reçu en 1971. Il peut alors remonter sur le ring à l’aube de ses 30 ans. Par la suite, The People Champ devient le premier triple champion du monde des poids lourds. Mais ces succès, il ne l’a pas acquis en un seul essai.
The Louisville Lip a quand même dû supporter une pause de plusieurs années, ce qui ne l’a pas aidé pour revenir à son meilleur niveau. Avant qu’il ne soit gracié par la Cour Suprême, Ali avait déjà opéré une montée en puissance. Ce momentum se coupe tout de même une première fois le 8 mars 1971. Peut-être guidé par son ego, le champion déchu veut récupérer son titre au Madison Square Garden, contre Joe Frazier alors champion du monde des Lourds. Le combat est remporté par le défenseur de la ceinture. Ali enchaîne les combats une fois remis de sa défaite, mais rechute contre Ken Norton. La même année, Frazier perd sa ceinture contre Foreman.
…Mais triomphant
Pas le choix pour The Greatest. Il faut battre les 3 hommes qui le séparent du trône. Et c’est ce qu’il fera. D’abord Norton, puis Frazier à nouveau au Madison Square Garden et enfin : The Rumble in The Jungle à Kinshasa, dans un combat contre George Foreman, déjà évoqué plus haut. "Flotter comme un papillon, piquer comme une abeille. Ses mains ne peuvent pas frapper ce que ses yeux ne peuvent pas voir. Maintenant, vous me voyez, maintenant vous ne me voyez pas. George pense qu'il me verra, mais je sais qu'il ne me verra pas". Voici la médecine que The Louisville Lip avait réservée à son adversaire pour le combat du siècle.
Son dernier grand combat et sa dernière grande victoire a lieu en 1975 lors du Thriller in Manilla. Cette ultime bataille entre Ali et Frazier se finit sur décision d’Eddie Futch, entraîneur de Smokin’ Joe. Ce dernier était trop exténué pour revenir face au champion lors de l’ultime round. 1 an plus tard, Leon Spinks lui prend la ceinture avant qu’Ali ne gagne la revanche et soit ainsi 3 fois sacré champion du monde. S'ensuit une fin de carrière lente jusqu’à une fin en décembre 81 après plus de 20 ans de boxe professionnelle et contre un adversaire qui était son cadet de 12 ans.
La maladie
10 ans après ce titre, voilà qu’il est face à son plus grand combat. Loin des cordes du ring, son nouvel adversaire ne manquera pas de pousser le champion dans ses derniers retranchements. La maladie de Parkinson frappe Muhammad Ali. Cette vérité amère sera exposée aux yeux du grand public lors de son port de la Flamme Olympique lors des jeux d’Atlanta en 1996. Le symbole d’une lutte, plus grand boxeur de tous les temps s’inscrit définitivement dans l’Histoire de l’Humanité. Il vit 32 ans avec sa maladie et meurt en 2016. Il est alors enterré à Louisville, dans son Kentucky natal.
Le plus grand de tous les temps
En menant une vie de lutte, cet homme a réussi à renverser tous ses combats. Il a créé une nouvelle aire du sport de combat, et est une des figures sportives les plus importantes du siècle dernier.
Enfin, pour porter les couleurs du média au quotidien, la boutique HomieSeeds t'attend.
À voir aussi
DILLON BROOKS PROLONGE AUX SUNS POUR 3 ANS
06 août 2026
LA MAMBACURIAL RÉEDITÉE PAR NIKE BASKETBALL ET FOOTBALL
05 août 2026
DEPUIS DES ANNÉES, FRANK OCEAN DISPARAÎT… ET C'EST PEUT-ÊTRE CE QUI LE REND UNIQUE
04 août 2026
PUMA FAIT SA REMONTADA
04 août 2026
FALLON REVIENT AVEC « CHANGÉ » : LA RENAISSANCE DE LA STAR MONTANTE DU RN BOUYON
04 août 2026
Partager cet article
Question fréquentes sur la légende de Muhammad Ali
Ali a-t-il vraiment jetté sa médaille d'or olympique dans l'Ohio après avoir été refusé dans un fast food en raison de sa couleur de peau ?
Selon l'équipe, cette légende est fausse. Il l'aurait juste égarée.
Quelle était l'idole de Muhammad Ali
Son idole de jeunesse était le boxeur Sugar Ray Robinson.
Quelle taille faisait Muhammad Ali ?
Selon BoxRec, il mesurait 1m91 et avait une envergure de 1m98.
Quand Muhammad Ali s'est il convertit à l'Islam ?
Sa conversion remonte à mars 1964. Il a d'abord pris le nom de Cassius X avant d'opter pour Muhammad Ali.
Comment combattait Muhammad Ali
Son style sortait de l'ordinaire pour un poids lourd. Mobilité et garde basse étaient les maîtres mots du style Ali. Il pouvait aussi compter sur son jab et donc sa belle allonge pour rester à distance tout en punissant son adversaire.
Découvrez d'autres articles que vous pourriez aimer
L'OL JOUE SA QUALIFICATION EN C1 CONTRE LE SPARTA DÈS CE SOIR
Ce soir, l’OL lance sa saison 2026/27. Une rencontre d’une importance capitale. Il s’agit d’un 3e tour préliminaire de qualification pour la Ligue des champions contre le Sparta Prague.
ON THIS DATE : LA NAISSANCE DE LA NBA LE 3 AOÛT 1949
Il y a 77 ans naissait la Grande Ligue.
ZINÉDINE ZIDANE OFFICIELLEMENT NOMMÉ SÉLECTIONNEUR DES BLEUS
Avec cette nomination, Zidane devient officiellement le dix-huitième sélectionneur de l'équipe de France depuis Henri Guérin en 1964.
Table des matières
Commentaires 0
Commentaires (0)
Soyez le premier à commenter cet article.
Connectez-vous pour rejoindre la discussion.
Se connecter pour commenter