DARK WINGS CITY: Jika-Tabi

TABI : COMMENT UNE CHAUSSURE VIEILLE DE PLUSIEURS SIÈCLES EST DEVENUE UN SYMBOLE DE LA CULTURE SNEAKERS ET HIP-HOP

La Tabi n'a jamais été aussi visible qu'aujourd'hui. Retour sur l'histoire d'une chaussure ancestrale devenue un des symboles les plus reconnaissables de la mode contemporaine.

Écrit par Mathilde Grandadam-Nicot

Publié le 30 Jul 2026

Table des matières

Deux orteils séparés, une silhouette qui rappelle un sabot, une esthétique qu'on croise autant sur un catwalk que dans un clip ou sur TikTok : la Tabi n'a jamais été aussi visible qu'aujourd'hui. Retour sur l'histoire d'une chaussure ancestrale devenue un des symboles les plus reconnaissables de la mode contemporaine, et de son infiltration progressive dans l'univers du sneaker et de la culture hip-hop.

©BNF
© BNF

Des origines antiques à la tradition japonaise

Le principe du chaussant à orteil séparé ne vient pas du Japon à l'origine. Des formes de sandales à lanière passant entre le gros orteil et les autres doigts de pied existaient déjà dans l'Égypte antique et dans la Rome antique. Mais c'est au Japon, autour du 5e siècle, que ce concept prend une forme qui va traverser les âges : les shitouzu, ancêtres directs de la Tabi, pensées pour s'adapter aux sandales traditionnelles japonaises comme les zōri ou les geta, portées avec le kimono.

Au fil des siècles, la Tabi s'impose comme une pièce centrale du vestiaire japonais, avant de connaître une variante plus robuste et fonctionnelle : la jika-tabi, chaussure de travail à semelle renforcée, portée par les artisans, les ouvriers, les jardiniers — et popularisée dans l'imaginaire collectif via la figure du ninja, dont le pied fendu devient un détail iconique du folklore.

Margiela, le déclic occidental

Ballerines Tabi, Maison Margiela
Ballerines Tabi, Maison Margiela

Il faudra attendre la fin des années 1980 pour que la Tabi traverse les frontières et entre dans le vocabulaire de la mode occidentale. Selon Numero, c'est Martin Margiela qui, après un voyage au Japon où il découvre ces chaussures, décide de les réinterpréter et de les intégrer à sa toute première collection en 1988. Le geste est radical à l'époque : une chaussure fendue, presque animale dans sa forme, posée sur les podiums parisiens. Ce choix va faire de la Tabi la pièce la plus identifiable de la maison, un objet culte qui traverse les décennies sans jamais sortir du radar de la mode.

Du podium à la rue : la Tabi devient un langage streetwear

Ballerines Tabi, Maison Margiela
Ballerines Tabi, Maison Margiela

Ce qui était il y a quelques années une pièce de luxe confidentielle, presque provocatrice, est aujourd'hui devenu un vrai phénomène de mode grand public. Plusieurs dynamiques ont accéléré ce basculement : Les sneakers à bout fendu, popularisées sous le surnom de "Nike Ninja" par la communauté, qui reprennent le principe du split-toe sur des silhouettes running ou lifestyle. Les collaborations grand format entre marques japonaises et occidentales, de Vans à Asics en passant par les initiatives expérimentales de Nike autour du split-toe, qui normalisent une forme longtemps perçue comme marginale. Les Vibram FiveFingers, chaussures "pieds nus" qui séparent chaque orteil individuellement, adoptées par une frange radicale de la mode technique et relayées par des collaborations avec des maisons comme Balenciaga.

Ce triangle Margiela / sneaker "ninja" / Vibram a créé un vrai vocabulaire visuel autour du pied fendu, qui dépasse largement le cercle des initiés de la mode.

Vibram
Vibram

Pourquoi le hip-hop s'est emparé du sujet

La culture hip-hop a toujours eu un rapport particulier aux sneakers comme signe de distinction, de rareté et de statut. La Tabi coche toutes les cases : une silhouette immédiatement reconnaissable, une rareté relative, une histoire riche à raconter, et surtout une capacité à choquer visuellement, un critère qui a toujours compté dans l'esthétique streetwear. Porter une Tabi, c'est afficher une culture sneaker qui va chercher plus loin que le drop du moment, en remontant jusqu'à l'artisanat japonais et à l'histoire de la mode d'avant-garde.

Résultat : la Tabi et ses dérivés se sont installés dans les tenues de scène, les looks de clips et les fils streetwear, aux côtés des pièces plus attendues du game. Ce n'est plus une curiosité de niche, mais une référence commune, presque un rite de passage pour qui veut afficher une culture mode pointue.


Une boucle bouclée

Il y a quelque chose de vertigineux dans cette trajectoire : une forme née dans l'Égypte antique, façonnée par le Japon féodal, réinventée par un créateur belge dans les années 80, puis absorbée par la culture sneaker mondiale et le hip-hop contemporain. La Tabi n'est plus seulement une chaussure : c'est un objet qui raconte, à chaque nouvelle génération qui se l'approprie, une histoire de circulation entre les cultures, et ça, dans le game du streetwear, ça vaut toutes les hype.

Pour continuer à explorer ces croisements entre la culture et le streatwear, reste par ici. Pour porter les couleurs de cette culture au quotidien, la boutique HomieSeeds t'attend.

Questions fréquentes sur la Tabi

C'est quoi une chaussure Tabi ?

La Tabi est une chaussure d'origine japonaise reconnaissable à son bout fendu, qui sépare le gros orteil du reste du pied. Elle vient d'une tradition ancienne remontant aux shitouzu, portées avec le kimono, et a été popularisée en Occident par Martin Margiela en 1988.

Pourquoi les Tabi sont-elles appelées "Nike Ninja" ?

"Nike Ninja" est le surnom donné par la communauté sneaker aux modèles à bout fendu inspirés de la Tabi, en référence au look split-toe historiquement associé aux ninjas japonais et à leurs jika-tabi.

Quelle est la différence entre une Tabi et une Vibram FiveFingers ?

La Tabi sépare uniquement le gros orteil du reste du pied, alors que la Vibram FiveFingers isole chacun des cinq orteils individuellement, dans un esprit plus "pieds nus" et technique.

Depuis quand la Tabi est-elle à la mode ?

La Tabi a été introduite dans la mode occidentale par Martin Margiela en 1988. Elle connaît depuis plusieurs années un regain de popularité, porté par les collaborations sneakers (Vans, Asics, Nike) et son adoption par la culture streetwear et hip-hop.

HomieSeeds
Logo HomieSeeds

Le streetwear français qui représente la culture urbaine authentique.

Le shop

Newsletter

Reçois nos derniers articles, nos sujets de fond et les nouveautés du shop directement dans ta boîte mail. Pas de spam, juste ce qui vaut le coup d'être lu.

Votre email *
Logo

Propulsé par Loomedia

VISA Mastercard

Panier

Votre panier est vide.